dimanche 4 août 2013

Réponse de Michaël

Le 16/07/2013 23:30,  Michaël a écrit :

Salut Luc-Laurent,
J'entame ce mail et je me surprend à sourire, moi qui depuis si longtemps ai enlevé le mot "hasard" de mon vocabulaire, me rend compte avec amusement que notre rencontre et nos différentes conversations ne sont pas du tout un hasard :)

Avant de poursuivre, je te rassure, j'avais noté dans ton précédent mail que tu te préparais à  partir en vacances, je ne m'attendais pas trop à avoir de réponse tout de suite.
Et puis je suis d'un naturel optimiste, surtout depuis que je m'efforce de ne pas être à la barre de mon propre bateau, j'essaie de laisser ça à quelqu'un qui sait mieux que moi...

En fait je dirai que je ne suis qu'à moitié surpris, car j'ai toujours pensé que des gens qui s'intéressent "aux autres" sont à la base soit engagés, soit inspirés. Après que cela soit conscient ou pas, ça ne peut être qu'une simple étape sur "le chemin".

Cela me (ré)conforte d'autant que contrairement aux idées que certains détracteurs de la foi se font, foi et rationalité ne sont pas incompatible, le tout est de savoir lequel est au service de l'autre :)
En tout cas j'ai bien lu les pages sur agoravox, merci pour ces liens j'ai trouvé ça très intéressant, et j'ai d'autant plus d'admiration devant cette témérité que tu as, osant ainsi t'exposer, bravo.

A priori ces écrits remontent déjà un peu, je ne sais pas ou tu en es aujourd'hui, tu parlais "d'éléments nouveaux" ça m’intéresse à l'occasion.

  En ce qui me concerne, c'est un peu l'histoire de ma vie donc je ne pourrai pas vraiment développer lol, mais disons que certaines choses m'ont fait avancer sur mon chemin.
Je suis passé par de nombreuses étapes dont certaines à l'opposé de ma foi actuelle, moi aussi je lui ai "tourné le dos" à une époque, mais j'ai été ramené patiemment et avec douceur à cette foi qui au final me fait vivre.

Je note un point qui me fait écho, c'est cette notion d'apocalypse, avec ton idée de l’imminence d’évènements majeurs qui bouleverseraient notre existence, mais je crois aussi profondément à l'amour du Père et de fait je suis assez attaché aux annonces faites à Garabandal, qui se recoupent avec les prophéties de Medjugorjé : l'idée d'un avertissement : pas de sanction digne de ce nom sans que les actes ne soient posé en pleine conscience et connaissance de cause, je crois donc que cette conscience là sera donnée et agira, mais pour ceux qui ne seront pas enracinés dans la Vérité, ils se feront berner par l'usurpateur et se détourneront du droit chemin, séduit par les prodiges... En référence à l'apocalypse de St Jean et à l'antéchrist.
j'aurai bcp à dire, mais je ne pourrai pas tout dire d'un coup :)

je vais essayer de me focaliser sur ce qui pour moi a été essentiel, afin de le partager en toute bonne foi.

Ce sur quoi repose ma foi, mon postulat de départ :
- L'existence de Dieu, unique et créateur
- Le fait que la Vérité absolue, c'est à dire quelque chose qui explique tout sans aucune erreur existe : elle est Dieu, Dieu est Vérité
- Le fait que quoi que je dise, pense, crois, que j'existe ou pas : je n’atteins pas cette vérité par moi même et je ne peux la modifier quel que soit les efforts que je déploierai pour le faire.
- La vérité étant inaccessible à l'homme, elle s'est donc incarnée pour se faire connaitre - Le Christ ou Messie (dont la venue a été prophétisée) - et libérer l'Homme de l'esclavage du péché que la Loi (Moïse - les 10 commandements) n'avait pu faire, non pas en abolissant la loi, mais en l'accomplissant à la perfection.
- Que par révélation, Dieu nous apprend qu'il est Un et Trin : Père, Fils et Esprit, mais un Seul Dieu en essence.
- le principal attribut de Dieu est l'Amour qui est à la fois la cause et la finalité de toute chose.

Cela m'a permis de déduire / découvrir :

Dieu est amour, Dieu est Vérité : Amour et Vérité se confondent donc, la Vérité se trouve dans l'Amour, qui a mon sens est le plus haut degré de Vérité accessible à l'Homme. Cet amour n'est pas celui défini par l'Homme, mais par Dieu lui même, c'est à dire le Christ qui par sa vie, son oeuvre et sa mort fait connaitre à la créature la plénitude de l'Amour du créateur pour sa créature.

En effet quel est donc cet Amour qui pousse un Dieu à s'abaisser si profondément pour venir sauver cette créature qui était perdue ? Est ce concevable d'endosser l'humanité juste par Amour ? si oui quelle(s) conséquence(s) cela aura t-il sur ma vie?

Si cet Amour est absolu dans sa perfection, il est logique que l'objet de l'amour soit laissé dans une liberté aussi absolue que l'amour lui même, courant même le risque de la perte totale et définitive de l'être aimé qui a le droit de choisir de rejeter celui qui l'aime.

Quel amour pousse un Dieu à mendier l'amour de sa créature?

Ainsi pour connaitre l'Amour de Dieu et sa Vérité que faire? : Vouloir : lorsque la créature choisi d'offrir librement à Dieu son Amour, alors le travail commence : une purification.

Celle de l'Ame : qui créée par Dieu "à son image" est éternelle dans la béatitude ou la damnation.
Car il serait imprudent de ne pas admettre que de la liberté donnée aux créatures, a découlé la séparation de Satan qui dans sa rage à juré de se venger et de tout faire pour ruiner cette création.

La question du Bien et du Mal n'est au final que la possibilité de s'unir au créateur ou pas...

Ce n'est pas la partie que j'ai le plus envie de développer même si je le sais c'est le plus souvent à ce niveau que les dissensions se situent mais c'est normal en fait, donc je passe.

La Bonne Nouvelle : "le Royaume de Dieu est tout proche" : Dieu en personne se serait déplacé du ciel pour nous dire ça? s'il a toute sa tête ça pourrait signifier que "tout" est là?

"ce qui a été caché aux sages et aux savants, c'est aux humbles et aux pauvres qu'il l'a révélé"
"le royaume de Dieu est au dedans de vous"

Vraiment la bonne nouvelle est incroyable : Dieu souhaite commencer à établir son règne au dedans de moi, non pas un jour quand je serai au ciel, mais ici et maintenant. Je dois simplement vouloir, mais un vrai vouloir en "laissant tout" pour le suivre à commencer par ce que je crois savoir ?

Bon, j'aimerais beaucoup poursuivre mais je me contente de ça pour l'instant, j'attends tes réactions.
Mais je te laisse un peu de lecture.

un texte qui m'a changé, orthodoxe mais qu'importe à lire.

Mais la révélation de ma vie c'est ça : http://www.maria-valtorta.org/
une lecture des évangiles qui aura bouleversée ma vie pour toujours - je n'ai pas fini l’œuvre, mais depuis le début, je me suis mis à lire comme un enfant écoute une histoire, j'ai toujours voulu laisser l'émerveillement me conquérir convaincu de la vérité qui s'y cache c'est ..... wouaouh

Saches que je n'ai pas souvent l'occasion de parler de ces choses, et que les personnes avec qui j'ai eu l'occasion d'aller si loin dans ma pensée, se comptent sur les doigts de la main, mais c'est néanmoins avec joie que je le fais aujourd'hui.
Je te souhaite de trouver ce que nous cherchons tous, pour que "ta joie soit parfaite", j'ai presqu'envie de dire "fraternellement" :)
Michaël

Réponse à Michaël

 Le 15 juillet 2013 23:57, Luc-Laurent Salvador  a écrit :

Bonsoir Michaël,
J'espère que tu voudras bien pardonner le retard avec lequel je réponds à ton dernier mèl.
Il s'avère que le 3 au soir j'ai pris l'avion pour la métropole et depuis, comme on dit, je n'ai plus touché terre.
Je me dis que si tu as attendu, à tout le moins tu devrais pas être déçu.
En effet, ton mèl m'a fait plaisir et je me suis dit "bienvenue au club !".

Alors là je dirais que le domaine concerné (qui au final impacte tout le reste) intéresse très peu de gens, et mes réflexions dans le domaine concerné, font fuir presque tous ceux qui restent J,
Je m'en voulais de tarder car je savais que cela pouvait être interprété comme une prise de distance.
Tu as compris que ce n'était pas le cas
mais puisque tu pose la question, je vais être honnête : je nage complètement à contre courant en ce qui concerne le domaine de la spiritualité que je rattache personnellement à la religion, plus précisément, je suis catholique, pratiquant et j’essaie de m’améliorer… plus à contre courant que ça faut y aller J
Je sais que la chose n'est pas facile.
Bien que provoc par nature, j'avoue que dans ce domaine, je reste assez prudent car on aurait tôt fait de passer pour un lourdingue qui a l'audace de prêcher pour sa paroisse.
Néanmoins je saisis les occasions qui me paraissent pertinentes pour souligner, par exemple, que les stratégies de réconciliation dont je me sers dans ma pratique professionnelle et personnelle sont proprement christiques.
J'ai par exemple  fait des confs sur la question de la réconciliation et de la paix et, sans trop en rajouter quand même, j'ai pointé que c'était bâti sur le modèle de la posture christique.
Depuis longtemps René Girard, auteur chrétien revendiqué, est mon maître à penser.
Je te le recommande vivement.
Mais ce n'est pas lui qui m'a fait revenir à la religion catholique dans laquelle j'ai été élevé et dont je m'étais éloigné en toute conscience et rationalité au sortir de l'adolescence.
Si tu veux tout savoir, c'est raconté dans deux textes grand public ici et .
Ensuite, si le sujet t'intéresse et ne te paraît pas affreusement exotique, nous pourrons en parler.
J'ai quelques éléments nouveaux depuis.
Je ne t'en dis pas plus.
Tu me diras ce que tu en penses.
Sauf qu’aborder le sujet sans entrer dans le détail des raisons qui m’ont poussé à ça, ça peut vite tourner au cliché.  J’ai pas franchement le courage de développer plus là, mais si vraiment après ça tu es toujours curieux pourquoi pas J
Je me dis que ce serait intéressant qu'on se donne l'occasion d'approfondir.
Le sujet est d'importance !
Je précise quand même que je n’appartiens à aucun mouvement sectaire et que je ne cherche pas à recruter du monde mdr, de plus malgré tout je continue de me considérer comme quelqu’un de cartésien et (a peu près) sensé. 
idem pour moi !

Bon je te laisse découvrir mon entrée rationnelle dans la foi (tout un programme) et après, je te parlerai de la suite si ça t'intéresse.
Tu verras qu'il y a encore pire que de se déclarer croyant.
C'est se déclarer non croyant...
... toute la question est de savoir en quoi ;-)
Je parie que tu n'imagines même pas tellement ça paraît pas concevable.
Et pourtant il semblerait que tout soit "écrit" déjà dans les textes traditionnels des religions du Livre.
En fait c'est tellement pire qu'au-delà de cette ligne, l'email devrait être crypté ;-)
Donc je m'arrête là...
J'espère que tu passes de bonnes vacances.
Ravi qu'on se retrouve sur ce terrain commun vu que le terrain professionnel ne l'est plus.
A bientôt ?
Luc-Laurent

Surprise !

Il me faut le reconnaître : je m'étais endormi.

Heureusement, un échange assez inattendu avec Michaël me fait revenir à ce blog plus déterminé que jamais à m'y tenir.

Michaël est un collègue qui, dernièrement, au terme d'une super coopération professionnelle trois années durant, m'a félicité pour le courage avec lequel je tentais certaines prises de position contre vents et marées bien qu'il y ait toutes chances que mes efforts soient vains.

Il m' a dit, en substance, connaître lui aussi les affres des combats un peu donquichottesques et je lui ai demandé s'il pouvait m'indiquer la nature des combats en question.

Il a répondu : "...puisque tu pose la question, je vais être honnête : je nage complètement à contre courant en ce qui concerne le domaine de la spiritualité que je rattache personnellement à la religion, plus précisément, je suis catholique, pratiquant et j’essaie de m’améliorer… plus à contre courant que ça faut y aller :-)"

Comme vous l'imaginez, le fait de nous découvrir croyants nous a immédiatement engagés dans un dialogue destiné à nous présenter réciproquement nos approches respectives de la foi.

Pour résumer affreusement, je dirais que, tel que je le perçois, Michaël s'est positionné sur un versant plutôt traditionnel, porté qu'il est par "la révélation de sa vie" qu'ont été pour lui les écrits de Maria Valtorta (intégralité de l'oeuvre ici : http://www.maria-valtorta.org/ValtortaWeb/Oeuvre.htm).

Il m'a semblé (je ne suis encore sûr de rien) que je venais d'un bord presque opposé puisque je suis (re)venu à la foi par nécessité rationnelle, même si je n'ai jamais complètement renoncé à la croyance héritée de mon éducation chrétienne et surtout de ma grand-mère et de ma mère.

Avec l'autorisation de Michael, le post qui suit livre en mode "brut de coffrage" le dialogue que nous avons eu en tentant de nous présenter réciproquement (et très synthétiquement) notre foi respective.
Il n'a d'autre prétention que d'être authentique.
Mais pour cette seule raison il m'a semblé qu'il y avait là quelque chose de suffisament intéressant pour être rendu public, en des temps où il devient difficile de témoigner de sa foi catholique.

dimanche 28 avril 2013

Du sermon au prêche

Les circonstances me ramènent vers ce blog que j’ai laissé en suspens et où je vais à présent tâcher de faire preuve d’assiduité

Il m’a en effet semblé que ce serait une bonne chose que je tente de mettre par écrit les idées qui me viennent lorsqu’écoutant le prêche dominical, j’ai trop souvent le sentiment d’entendre non un sermon qui interpelle au plus profond de soi mais une suite de lieux communs dont les rares pro-vocations sont tellement usées ou convenues qu'elles semblent ne plus nous concerner véritablement.

Je crois pourtant que le sermon est une formidable occasion d’ouvrir l’esprit des fidèles et de les sortir d'un quotidien mondain dans lequel ils sont englués sans même en avoir  conscience. Mais encore faut-il que le prêche soit inspiré et puissant car la force de l'habitude est immense.

Et elle l'est en particulier parce qu'elle se nourrit d'imitation.

Le prêtre et l'assemblée des fidèles sont un peu le miroir l'un de l'autre. Ils font "système". Dès lors, on peut penser que si les seconds changent, le premier adaptera probablement sa parole.

 Il nous faut être des fidèles plus dynamiques, plus actifs qui soient collectivement, voire même culturellement engagés dans l'effort assidu de faire sens des écritures et qui ne se contentent pas d'avoir écouté le prêche religieusement.

Ce blog est une minuscule  tentative pour aller dans ce sens, pour apporter une pierre à l'édifice, en contribuant autant que possible à une culture de réflexion approfondie, vivante et/car collective.

Je pense donc ne pas évoquer ici seulement la prière du Rosaire.

Tout ce qui touche au domaine de la foi pourra être considéré.

dimanche 31 juillet 2011

Gratitude

La gratitude, la reconnaissance pour les bienfaits reçus, pour les mille cadeaux que la vie apporte jour après jour que l'on soit riche ou pauvre, en bonne santé ou malade, entouré ou isolé : voici, je crois, le facteur fondamental, le terreau à partir duquel la fleur de la prière pourra s'épanouir.
Si ce fondement, cette terre nourricière fait défaut, la prière manquera de ferveur, c'est-à-dire, d'énergie, donc de vie. Comme le grain tombé sur le chemin, elle dépérira bien vite en laissant peu ou pas d'espoir de récolte. Bref, le risque est grand qu'elle soit vaine.
Rien de bon ne peut naître de la frustration, de l'aigreur, du ressentiment ou de la peur. Une prière saine naît avant tout de l'amour, donc de la gratitude et de la reconnaissance éprouvées pour les bienfaits et les bénédictions reçus.

J'ouvre ici une parenthèse pour proposer l'idée que c'est probablement parce que la gratitude, la reconnaissance est le moins que l'on puisse attendre de celui qui a reçu des grâces sans nombre qu'il peut légitimement exister un commandement de l'amour qui resterait autrement incompréhensible. Quand Jésus dit "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement" il ne nous demande pas de réaliser par la volonté un état qui ne peut être que spontané. Il y aurait là une contradiction indépassable. Il ne nous demande pas cela, il ne nous demande pas l'impossible.
Ce qui nous est demandé est tout à fait à notre portée. C'est juste le minimum que nous soyons capable de faire : un minuscule effort d'attention sur toutes les bontés que nous avons reçues pour que, SANS AUCUN EFFORT, sans aucune VOLONTE DE NOTRE PART, puisse naître ou renaître en nous ce sentiment de gratitude et/ou de reconnaissance que notre quête incessante de futilités mondaines tend à étouffer puisqu'elle nous amène à porter attention à ce que nous ne possédons pas, à ce qui nous manque plutôt qu'à ce que nous avons reçu et qui pourrait nous combler pour autant que nous sachions nous y arrêter et nous en satisfaire.

Ce qui est postulé ici, c'est qu'en vertu de la loi fondamentale de réciprocité, cette simple attention aux bienfaits reçus est ce qui suscite SPONTANEMENT une gratitude ou une reconnaissance qui sont ni plus ni moins que la forme d'amour la plus élémentaire, celle des enfants pour leurs parents. En reconnaissant le don, le bienfait reçu, nous nous disposons aussi tout naturellement (toujours par la loi ou norme de réciprocité) à offrir en retour et donc nous nous plaçons dans cette attitude essentielle mais plus mature de l'amour qu'est le don.

Si vous me permettez ici de m'avancer encore un peu, je dirais que surgit ici l'idée que le commandement de Jésus n'est pas tant fait pour que, par l'amour que nous lui porterions, nous lui soyons "agréables" comme on peut lire ici ou là, mais bien davantage parce qu'à défaut de cet amour, nous resterions privés de tout ce qu'il a encore à nous offrir, notamment toutes ces grâces qu'il nous procure au travers de la prière pleine de ferveur, -- c'est-à-dire, prenant sa source dans l'amour -- que nous lui adressons directment ou par l'entremise de Marie.

C'est ici qu'il faut se rappeler cette étrange parole de Matthieu :

« Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. » Mt 13:12

Ne voyez-vous pas que ce commandement nous est adressé encore et toujours par amour, pour nous aider à sortir de l'attitude désespérée du frustré, de l'éternel insatisfait "qui n'a pas" et qui, par son attitude aigrie, rendra ses prières vaines et fera qu'on lui "ôtera même ce qu'il a" ?

Je crois donc qu'en effet, on ne prête qu'aux riches. Si nous sommes riches d'amour (attentifs et reconnaissant des grâces qui nous ont été accordées) notre vie sera continûment remplie de grâces et de bienfaits. Je crois que cette dynamique est sans limite et va au-delà de ce que nous pourrions jamais oser espérer.

Voilà, je referme la parenthèse. Mais je vois qu'elle a pris presque toute la place. Peu importe, je pense avoir dit ce que j'avais à dire sur la gratitude dans laquelle il convient, je crois, de planter la graine de la prière.

La prochaine fois nous parlerons de la "réalité", donc de la foi.

jeudi 21 juillet 2011

Ferveur

Après que j'ai surmonté l'obstacle que constituait le désordre de mon mental en même temps que sa faiblesse, tous deux propices à mon endormissement, j'ai pris conscience que la précaire stabilité ainsi acquise n'était ni satisfaisante, ni suffisante, ni même... nécessaire.
Marcher avec une béquille ce n'est pas satisfaisant car c'est le signe sûr que votre marche est déficiente. Ce n'est pas suffisant car jamais cela ne permet de remplacer une capacité de marche bâtie sur deux bonnes jambes. Enfin, une béquille n'est pas nécessaire tant qu'il suffit de muscler ses jambes pour leur rendre leur pleine fonctionnalité.
Bref, j'ai un jour compris que j'étais un handicapé de la prière et qu'à l'évidence, j'étais encore à côté de la plaque.

La prise de conscience de cela est venue quand, je ne sais plus à quelle occasion, sans doute une lecture, j'ai compris (enfin) qu'il importait de prier avec ferveur et que, par conséquent, il ne fallait pas simplement s'attacher à prononcer sa prière, mais qu'il fallait aussi l'animer en y mettant du coeur comme on dit si bien.

Il m'est ainsi arrivé un jour de réciter mon Rosaire avec une ferveur inhabituelle qui m'a permis de remarquer que je ne m'égarais plus du tout et que je n'avais nul besoin de ma béquille mentale.
J'étais habité par l'image de la personne pour qui je priais et tout en la récitant je l'adressais vraiment à Marie.
Ce n'était plus une "récitation", mais une vraie prière.

Bien entendu, j'ai retenu la leçon et me suis donné la visée de renouer jour après jour avec cette ferveur.

Mais j'ai dû très vite déchanter en découvrant que la ferveur ne se décrète pas. Il est des jours où elle est là et des jours où elle n'y est pas.

Il serait aisé de s'accommoder de cette situation en se racontant que c'est une grâce et qu'il faut accepter que les choses soient ainsi. Mais étant psychologue, j'ai tendance à penser que le mental, même s'il a une part d'automatisme très importante et échappe donc, au moins partiellement à notre contrôle, n'en reste pas moins fortement influençable par nos représentations, nos émotions et nos choix, c'est-à-dire par... notre mental.

En clair, nous sommes le mental. Alors, en définitive, il ne tient qu'à nous qu'il soit ceci ou cela.

J'ai donc cherché les "conditions" nécessaires et suffisantes de la ferveur.
En fait, c'est faux, je n'ai pas cherché. J'ai simplement été attentif. Et les réponses sont venues d'elle-même, dans leur superbe simplicité.

Nous y viendrons la prochaine fois, mais je peux d'ores et déjà livrer trois indices, trois mots-clés qui me serviront de point de départ : la gratitude, la présence, la réalité.

Voilà, je n'en dis pas plus. A bientôt...

mardi 5 juillet 2011

Stabilité encore...

Comme indiqué dans mon précédent post, je ne me sers plus du support visuel que j'avais conçu pour me permettre de faire mes prières sans m'endormir en cours de route.
Je n'en ai plus besoin car il m'est apparu que ce qui importait n'était pas tant d'avoir la succession des mots in extenso sous le regard que la direction à suivre et plus exactement l'objectif à atteindre.
Pour dire les choses concrètement, ma prière dans son ensemble a une fin qui peut être vue comme ce vers quoi je tends : c'est la parole Amen.
Dès lors que je la visualise (car je suis un "visuel") je diminue considérablement les chances que ma pensée fasse irruption dans le cheminement mental que constitue ma prière.
Mon chemin est encore plus sûr si, tout en gardant Amen en vue comme le terme de mon parcours, je me donne "béni" et "mort" comme des jalons situés aux angles du triangle que constitue en somme mon parcours avec ses trois temps : "béni", "mort", et Amen, qui enchaîne immédiatement sur le "je vous salue Marie" suivant.

A noter qu'entre "mort" et Amen, j'insère le voeu particulier que j'adresse à Marie.

Visuellement donc, mon regard balaie mentalement un triangle dont chaque côté est porteur d'un sens précis et ce simple mouvement autour d'une forme simple et stable, contribue grandement à la stabilité mentale dont j'ai besoin.

Si ma pensée fait irruption, je la régule beaucoup mieux et elle ne réussit généralement plus à me déstabiliser puis à m'entraîner vers le sommeil car étant bien repéré sur mon parcours mental, je ne suis pas perdu et je peux reprendre sans hésitation et sans délai.

Maintenant, même si je dois reconnaître que cet exercice de structuration mentale m'est encore souvent utile car la fatigue tombe parfois sur moi d'une manière que j'avais jamais connue avant, j'ai pris conscience qu'il ne s'agissait en quelque sorte que d'une béquille, une sorte de canne dont les êtres fragiles ou affaiblis comme je le suis ont encore besoin mais dont il importe de savoir se passer.

Car prier "sur ces deux jambes", sans avoir besoin de béquille, de cadrage mental, est encore le plus sûr signe de la force ou de la ferveur de notre prière.

Je parlerai de cela dans le prochain post.